samedi 26 janvier 2008
REVISION DES 5000
A force d’avancer dans mon roman, mon esprit se focalise sur les personnages et sur l’effet qu’ils peuvent avoir auprès des lecteurs potentiels. En fait, je me demande si je leur donne suffisamment de corps, s’ils sont dessinés avec profondeur et si leur aspect psychologique n’est pas amené à coups de camions bennes. En gros, est-ce que j’écris « subtil » ?
En me relisant, j’en suis loin d’être sûr. Ce ne sont pas forcément les dialogues qui me gênent, ni les moment d’enchaînements entre les scènes, ou les passages amenant des infos pour la suite, mais plutôt les phases entre les dialogues. C'est-à-dire tous ces petits moments où il ne se passe pas grand-chose, où les personnages se regardent en chien de faïence en s’échangeant des bons mots. Vous savez tous ces trucs qui donnent de la chair à une scène, sans être fondamentalement important… A priori !
Car c’est là qu’on se trompe. En fait, cet habillage est ce qui fait dire qu’un bouquin est bien écrit ou pas. Car il ne s’agit pas seulement d’échanges de regards, de mains qui se plient ou de hochements de tête. Non, en rester là est puéril et nul. Et en me relisant, j’en suis encore là. Alors que ces instants d’échanges justement sont là aussi pour donner des éléments sur les personnages, leur caractère, leurs réactions. C’est le moment pour montrer la capacité d’un personnage à réagir à une situation en temps réel. Est-il inquiet de nature ? Peut-il surmonter le stress ? A-t-il peur ? On cause évidemment de ses mains, de ses yeux et autres parties du corps qui pourraient avoir de l’importance mais on élague toutes les inutilités pour y introduire justement des questionnements intérieurs. D’où l’importance du point de vue (on y revient) et surtout de la capacité à virer l’inutile (oui, je le répète).
Tout cela est difficile mais je pense que c’est le bon chemin.
Ce qui veut dire que je dois terminer mes 2 prochains chapitres qui achèveront ma première partie et que je devrais relire l’ensemble en ôtant le superflu et en ajoutant l’intéressant.
Au boulot.
ENJOY !
mercredi 23 janvier 2008
LES PREMIERS SYMPTÔMES ?
Il est bizarre de se retrouver plongé dans le doute alors que, justement, l’esprit sembla avoir pris un bon départ.
Me voilà face à mon histoire, super engagé dedans, reprenant mes personnages en main, trouvant des idées qui me paraissent bonnes pour leur donner chair et les creuser un peu plus. Me voilà carrément avec des scènes en tête, une cassant même le rythme de l’ensemble, permettant une relance de l’attention du lecteur. Mais au moment où je la couche, je me retrouve face aux doutes. En tapant les mots, en composant les phrases, je commence à me demander si cette scène a vraiment de l’intérêt. Pire, l’histoire a-t-elle finalement de l’intérêt elle aussi ? A quoi cela sert-il que je passe du temps comme ça sur un texte qui n’est pas un chef d’œuvre ? Après quoi je cours ?
Il y avait quelques temps que je n’étais pas tombé dans cette peur de l’inutile.
Aujourd’hui, j’analyse peut-être pus facilement les choses. Et je crois bien que j’ai juste une bonne flippe. Oui, cette peur qui vous tient au ventre en écrivant et qui vous susurre tout le mal qu’elle pense de votre écriture. « Mais pourquoi écris-tu avec ta prose à la noix ? Fais donc un boulot utile à la société à la place de glander avec ta mèche littéraire artificielle ? Et puis, franchement, ils sont où tes lecteurs ? Ils ne voudront jamais de ta daube ? Ca ne te gêne pas d’essayer de gâcher du papier pour une nullité pareille ? »
Oui, ce serait plus simple d’effacer le fichier et de se dire que l’écriture restera un passe-temps quand je l’aurai ce temps, mais qu’avant je ferais bien de trouver un boulot, un vrai. Que j’arrête de rêver !
QUOI ? Renoncer à mon rêve ? Mais tu rêves !
Allez, hop, je la reverrai après cette scène. Passons au chapitre suivant, celui où Diane…
ENJOY !
vendredi 18 janvier 2008
EN COURSE !
Ca y’est ! D’un point de vue pratique, je suis de retour sur la toile et à grande vitesse. Le pire, c’est que dans mon « trou » comme le classerait certains, j’ai un débit plus rapide qu’en région parisienne. Ben oui ! Vive la campagne !
Mais surtout, ces derniers jours m’ont remis un peu en route avec une reprise de l’écriture un peu plus soutenue qu’auparavant. Mais ce n’est pas encore le top. Enfin, pour l’instant, j’ai repris Diane et ai écrit 4 chapitres supplémentaires. Je ne suis pas mécontent du résultat, même s’il va falloir, évidemment, réécrire encore tout ça. Je pense que je donne plus de corps à Diane, plus de profondeur, même s’il n’est pas toujours simple de se glisser dans les baskets mal en points d’une ado de 15 ans. Je dois rester crédible, offrir du sentiment et pas du sentimentalisme, mettre en place de l’empathie avec le personnage sans tomber dans le trop plein. Rien n’est simple. J’ai aussi brosser les personnages secondaires avec plus de précision dans 2 chapitres pas prévus comme ça du tout. Ce qui est drôle c’est que l’histoire prend des chemins de traverse et que ça a un côté excitant. En revanche, je reviens sans cesse sur les chapitres précédents en me demandant si je ne fais pas prendre une décision contre nature à un personnage. Ce qui a été le cas pour Petersen (ah, vous vous demandez qui c’est, hein ! Vous n’aurez qu’à acheter le bouquin ;-) ) qui se trouvait à réagir à l’inverse de ce qu’il aurait dû. Donc reprise du chapitre en question pour remettre tout le monde sur des rails cohérents. En tout cas, ça avance.
Sinon, les histoires pour les petits me paraissent toujours aussi compliquées. J’en ai commencé une nouvelle en repartant d’un concept et en y collant une histoire. J’essaie d’être original et drôle. Vous me croirez peut-être pas, mais c’est pas si simple !
Côté BD, c’est le trou noir pour l’instant. Disons qu’en plus, je préfère m’en détacher un peu. Sauf avec toi Laurent, bien sûr. Et toi aussi Jean-Gaël. Et toi aussi Kao. Et toi…Ah mince, c’est plus fort que moi, je peux vraiment pas m’arrêter !
Et pour finir, les albums. Cédric a un petit ralentissement mais ça devrait redémarrer, j’en suis certain. Quant à Jérémy, il est plus que jamais dans les starting-blocks, ce sont les directeur artistique qui ont un peu de mal à se décider. Mais rien n’est jamais très grave.
A part ça ? Ben ça va. Et vous ?
ENJOY !
ERRATUM : Toulouse est bien dans la Haute-Garonne. Sorry ;-(
VU
DEXTER
Ah, je n’ai pas pu m’en empêcher, j’ai repris mon marathon de séries. J’ai commencé la saison 6 de 24 mais surtout je me suis plongé dans DEXTER. Cette histoire de spécialiste du sang en médecine légale qui se révèle être un tueur en série guidé par un code d’honneur légué par son père adoptif est un pure délice. Les situations sont cocasses, les dialogues intérieurs de Dexter occasionnent des scènes décalées, et les personnages sont vraiment superbes. La saison 1 ne fait que 12 épisodes mais quelle tension, quelle force ! Du grand art en matière de série qui tache.
lundi 14 janvier 2008
ALLEZ HOP ! POUBELLE !
Je vous avais déjà dit qu’écrire un texte pour les gamins n’était pas chose facile. Ca se confirme, ce n’est pas simple du tout.
J’avais des idées de textes mais en les écrivant, j’ai constaté que je restais au niveau de l’histoire simple. Il n’y avait finalement aucun message donné au gamin, aucun but véritable pour les personnages. Ils exécutaient mes basses œuvres mais rien de plus. Rien de palpitant n’en ressortait. Pour tout dire, ça aboutissait à du vide et de l’inintéressant total.
Pourtant, au moment du remue-méninges, les idées me paraissaient plutôt bonnes et même géniales quelque part. Et en les couchant sur l’écran de mon ordi, elles ont perdu leur âme. Ce qui en faisait virtuellement le charme dans mon esprit, n’a donné qu’une platitude désespérante. J’aurais presque préféré un syndrome de la page blanche. J’aurais eu une excuse pour ne pas aboutir et surtout je ne me serais pas posé un tas de questions sur mes capacités à raconter des histoires.
En même temps, si je ne m’étais pas posé ces questions, peut-être que je serai encore devant ma page blanche à la noix et que je me serais mis carrément à flipper pour la suite des événements.
Là, j’ai préféré tout jeter aux oubliettes, et quand je dis tout, je dis effacer carrément les fichiers, et repenser à autre chose, mais cette fois à l’envers.
Quand on écrit pour les tout-petits, c’est vraiment le message qui prime. Que veut-on leur faire passer comme concept de vie, comme « morale » au sens noble du terme ? Il faut les rassurer, leur donner des clés pour avancer au fil du temps. Et quand il s’agit de loupiots de 3 à 5 ans, l’exercice est de taille. Les principes à défendre viennent vite. Mais encore faut-il savoir les exposer dans une histoire crédible, sympa, marrante, intéressante, bien écrite et très courte.
Bigre, dans quelle galère me suis-je lancé ?
J’ai donc écrit un premier texte. C’est un premier jet, qui n’a même pas de fin pour l’instant car au fil de la rédaction, je me suis éloigné du but choisi. Pourtant, j’ai condensé, j’ai évité de digresser, de partir dans tous les sens, car en plus, l’histoire est faite pour être illustrée, donc on peut se laisser aller sur ellipses temporelles et surtout éviter les descriptions.
Ah ces fameuses descriptions que l’on maudit de toutes ses forces quand on lit les classiques et quand on doit s’y attaquer en tant qu’écrivain. Et pourtant quand on nous demande de les éliminer, on a l’impression de faire du vide, du sans âme.
Mais écrire pour les gamins n’est pas question d’âme au même sens que pour les adultes. Le costume n’est pas le même. Je ne parle pas de faire du bozo, mais c’est plus léger, plus imagé, plus planant, plus éthéré quelque part.
Certains me cracheront que ce n’est pas de la littérature tout ça. Vous savez quoi ? Je m’en tape le coquillard parce que les gamins a qui on aura lu ces histoires illustrées risquent bien d’être vos lecteurs de demain bande de snobs !
Alors je retourne à mes petits fantômes, mes fourmis téméraires et mes martiens qui hésitent entre le verte et le rouge.
ENJOY !
dimanche 13 janvier 2008
WEEK END ? NORMAL !
Je me demandais ce que pourrait être le week end de mon nouveau métier temporaire (va falloir que je m’y fasse un jour, non ?). Et bien en fait pas si différent de ceux que je pouvais vivre avant (il n’y a pas si longtemps en terme temporel et pourtant j’ai l’impression que ça fait une éternité.)
J’ai profité que ma fille aille à l’école (oui, ici, le samedi matin en maternelle grande section est sacré et travaillé) pour travailler un peu. Donc un texte pour enfant commencé. Une histoire de fourmi trop téméraire aux prises avec la faune agressive. Un vrai film d’horreur ;-)
Sinon, j’en ai profité pour prévenir mes divers dessinateurs que SHOGUN avait bien du mal à répondre. Leurs dessins ne sont même pas en cause. Alors est-ce moi ou mes histoires ? Il me semblait que ça leur avait plu puisqu’on était presque à signer pour chacune. Après beaucoup de va et vient peu productifs, voilà que c’est le silence radio. Bon, on sait qu’il faut accepter ce genre de situation avec les éditeurs. Mais là, ça faisait un peu long pour tout le monde. Alors j’ai « libéré » mes dessinateurs pour qu’ils s’envolent vers des cieux plus cléments. Et pour moi ? Oh les projets ne manquent pas, y compris en BD. Donc, pas de panique, j’ai de quoi m’occuper. ;-)
Et le reste du temps alors ? Ben nouveau montage de meubles IKEA, accrochage au mur, nettoyage de gouttières, colmatage de fuites, découpages de carreaux pour la cheminée… Bon j’avoue que 95% du boulot été fait par mon beau-père. Ben oui, comment aurais-je pu faire mes 2 critiques de BD pour la Yozone, répondre aux mails des potes, lire le Monde de vendredi et me promener 2 heures dans la campagne, hein, comment ?
C’est pas tout ça mais demain on remet le couvert. Démarrage avec DIANE. Je dois terminer le chapitre 7 commencé vendredi…après un petit tour au marché. Les fruits seront frais, le pain aussi…
ENJOY !
jeudi 10 janvier 2008
IKEA DAY !
Il est des jours comme ça où le destin s’acharne à vous éloigner de votre tâche ultime. On a beau lutter comme une bête quand faut y aller, faut y aller.
Hop, en voiture pour une petite trotte jusqu’à l’IKEA de Toulouse. Balade dans la campagne ariégeoise puis celle du Tarn et Garonne. Bon c’est sympa mais l’objectif étant d’acheter des meubles suédois, on a un peu la tête ailleurs.
IKEA est le nouveau magasin ultime pour la classe moyenne qui aime avoir des meubles assez branchés sans trop se la péter, des meubles utiles et bien étudiés, des meubles qu’on peut monter seul parce que surtout, et avant tout, c’est moins cher qu’ailleurs. Alors pourquoi me gênerai-je ? Ce coup-ci, j’embarque des meubles de salle de bain et des chaises pour la véranda (autant bronzer le cul bien en place ;-) ).
Hop, retour au bercail. Le paysage n’a pas changé. En fait, c’est moins sympa que je ne le pensais. Dire que c’est la fameuse Nationale 20 que tout le monde empruntait pour se rendre dans le sud le plus lointain de France, vive l’autoroute !
Mais la journée est loin d’être terminé. Maintenant, voici la phase de montage. Avantage : IKEA c’est bien foutu et bien expliqué. Mais bon un meuble quand c’est long à monter, même traduit par des petits bonhommes tout rond et avec la clé fournie, ben ça reste long.
Ouf ! 16h20 c’est fait !
Mais la journée est out pour moi. Pas d’écriture, pas d’histoires, nada. J’espérais garder le rythme de la première journée et ma semaine se transforme en désastre temporel. Bon il reste demain pour faire pencher la balance.
Ah, je déteste les suédois !
ENJOY !
mercredi 9 janvier 2008
LES CLAQUES DU MATIN
A peine commencé-je ma grande carrière d’écrivain pro (on ne rigole pas dans le fond) que je reçois mes premières tartes à la crème. Tout d’abord de la part des éditions Sarbacane qui n’ont pas vraiment adoré mes histoires pour les n’enfants. Pas grave, les autres éditeurs existent et vont trouver tout ce que je fais génial. A suivi un mail de Milan, de la rédactrice de Histoires Pour les Petits. Là encore, pas convaincu par la bête. En fait, le message est plutôt encourageant car ils ont trouvé de la tendresse dans mon texte (je vois des sceptiques près du radiateur) et ils m’ouvrent la porte pour envoyer d’autres histoires. Ce que je vais m’empresser de faire. Ah, s’ils croient m’avoir comme ça !
Sinon, Diane a connu son 6ème chapitre. Un petit écart par rapport au synopsis de départ mais ceci n’étant qu’un outil de travail malléable, pas de souci. Et ce chapitre apporte des éléments d’une autre manière, avec un nouveau point de vue. En fait, je voulais rester focalisé tout le temps sur Diane, puis après discussion avec Denis et constat de ma part, il est apparu que des changements de points de vue donnerait un aspect plus dynamique et permettrait des phases de suspense. La bête se construit petit à petit.
Ah, bonne nouvelle tout même : au mois de mars, je suis invité par un centre d’animation parisien pour venir intervenir sur mon nouveau métier. A peine en place, déjà la gloire ! Laissons les chevilles se dégonfler toute seule et revenons à nos moutons.
Sur mardi, le temps a été difficile à gérer car les changements administratifs sont encore légion au sortir des vacances de Noël. Rendez-vous à la banque, problème avec l’autre banque, changements de domicile pour les différents organismes…Bref que de l’intéressant et plein de paperasses. Moi qui voulais écrire, je suis servi.
Et aujourd’hui, c’est la journée des enfants. Ben oui, j’avais oublié puisque je n’en ai pas vu comme d’habitude en train de courir, de râler, de ne pas travailler (et vu les mails reçus des anciens collègues, je suis content d’être à ma place au soleil !) ces deux derniers jours. Donc, ma fille à promener, à distraire (elle sait aussi se distraire seule, grande qualité devant l’éternel mais parfois elle veut son papa), à amener à la danse (Ah, j’impatiente déjà pour le spectacle de fin d’année) et tout ça sans électricité de toute la journée. C’est ça qui est bien à la campagne, on nous prévient (enfin les voisins étaient prévenus parce que nous, makache bézef !) qu’il y aura coupure de 8h à 12h et les lumières ne reviennent qu’à 17h30. Le bonheur ! Et quand on est chauffé à l’électrique, c’est carrément la fiesta !
Mais malgré ça, il y a comme un air de calme, d’apaisement. Nous mangeons tranquillement en nous racontant nos journées. Pas de stress. Je couche ma fille, on se regarde un DVD. Je vais même retourner au cinéma plus souvent tiens ! Et demain, hop chez Ikea pour encore quelques meubles.
Le paradis je vous dis !
ENJOY !
lundi 7 janvier 2008
PREMIERE JOURNEE
J’avais promis de reparler littérature et technique cachée du milieu si attirant de l’édition mais vu que je fis mes premiers pas dans la vie d’artiste, je vais vous raconter ma vie.
Que peut être un premier jour d’écrivain en province ?
Levé à 7h00 tapante, je prépare ma gamine pour l’école. C’est aussi son premier jour. Lorsque je l’ai amenée, elle était toute timide d’être la nouvelle du coin. J’aurais aimé être une souris pour savoir si tout se passait bien pour elle. C’est de ma faute si elle doit se refaire des amis et toute la vie qui va autour.
C’est donc le panier en osier à la main que je me rends d’abord au marché. Il est superbe sous les couverts du village et les chalands sont nombreux. L’air est frais mais bon et idéal pour se choisir quelques fruits, acheter son pain frais et quelques journaux pour se tenir au courant de ce qui se passe en dehors de notre paradis perdu.
Trêve de plaisanteries, il faut bien rentrer et se mettre au boulot. Comme promis, je me lance sur ma Diane. Ayant laissé passer du temps, je reprends la correction des 5 premiers chapitres. Le début est assez simple puisqu’il s’agit d’une relecture/recorrection après que j’aie déjà effectué la manœuvre il y a quelques mois. Mais le temps passe.
Vient l’heure de manger. Avocat, pâté de foie, salade de légumes et de lentilles, fromage et banane. Du consistant mais dans le raisonnable, il faut bien tenir l’après-midi.
Je feuillette les journaux, flâne un peu puis retourne devant l’ordi. C’est parti pour la suite. Les chapitres 4 et 5 sont plus difficiles à aborder, disons plus complexes, car ce sont mes premières corrections avec les notes de Denis. Phrase par phrase, paragraphe par paragraphe je redécouvre mon texte mais aussi ses changements immédiats, ses absurdités, ses passages inutiles, ses redondances, ses incohérences. Bizarrement, modifier les choses ne me trouble pas plus que ça, au contraire, je sens que c’est du tout bon.
16h10 sonne, je dois m’arrêter et aller chercher la petite à l’école. En la voyant, je me dis que ça a été. Je n’ai pas été souris, mais ma bonne humeur l’a sûrement aidé. Ou plutôt c’est sa bonne humeur qui lui a permis de trouver ses marques. Pareil pour mon épouse qui a endossé sa nouvelle veste avec brio. Enfin je crois. J’espère pour toutes les deux que les costumes vont leur aller comme de l’Armani. Du sur-mesure.
Pour ma part, un premier jour sans accroc. Mais ce n’est qu’un premier jour.
Ah oui, pour ne pas décevoir les parisiens, il a plu pas mal aujourd’hui et le soleil n’a pas daigné se montrer. Chacun son tour.
ENJOY !
LU
UN DRAP SUR LE KILIMANDJARO de Pascal Dessaint
Cet auteur de polar est une sorte d’ovni dans le milieu de la littérature tout court. Super écolo, le garçon commet des histoires d’ambiance où la nature a son importance. Ici, pas de crimes, si ce n’est contre l’humanité toute entière. Simplement un récit de sa vie, de moments volés, racontés avec gentillesse et parfois grincements de dents face à ces humains qui se foutent en l’air tout seul. Dessaint est un écolo de première et le je m’en foutisme des hommes face à leur environnement le fait râler. Lui il aime les oiseaux, les araignées, les balades en montagne, mais aussi le bon vin, les flâneries et autres glandouille qui font que la vie est bonne à vivre. Dans ce recueil d’instants de vie, à l’instar d’un Delerm mais en moins chiant, Dessaint nous raconte sa vie, ses envies, ses dégoûts, ses petits riens qui font tout. Après on adhère ou pas. De toute façon, ce bouquin on le lit si on aime déjà le boulot de Dessaint. Et franchement, ça vaut le coup d’être lu.
VU

LE RENARD ET L'ENFANT et DIALOGUE AVEC MON JARDINIER
Est-ce le fait d’être arrivé en terre hostile qui me donne envie de me faire des trips campagne comme ces deux-là ? Je ne crois pas. D’abord, hier, je suis retourné au cinéma dans la petite salle de mon bled. Une centaine de places et 87 personnes au rendez-vous. Si ça c’est pas de la rentabilité ! Donc un cinéma plein, à 5 euros la place (et la 6ème est offerte) et 3,50 euros pour ma gamine, je me demande où est le paradis. Sur l’écran avec ce beau film du réalisateur de LA MARCHE DE L’EMPEREUR. Ici, c’est une gamine qui fait la rencontre d’un renard. Bon, l’histoire est basique avec rencontre, reconnaissance entre les deux êtres, malheur et fin heureuse. Mais les images sont magnifiques. Les montagnes sont splendides et les scènes animalières sont formidablement filmées. Je suis toujours étonné de ce que peuvent obtenir des dresseurs avec des animaux que l’on considère comme super sauvages. C’était un peu long mais totalement enchanteur.
Et hier soir je me suis fait le trip discussion à la Audiard entre un peintre parisianiste et son jardinier qui n’était autre que son ancien ami de CM2 qui n’a pas eu l’occasion de faire autre chose que de bosser rapidement. C’est un délice de film intimiste avec Auteuil et Darroussin qui font un vrai numéro de naturel. Les dialogues sont un délice pour les oreilles et les moments de gloire sont légion. Du petit lait pour la sérénité. A boire sans modération.
dimanche 6 janvier 2008
J-1
Je ne vais pas vous mentir, il pleut et un vent souffle dans les bouleaux et les peupliers. Un vent chaud certes mais un vent fort tout de même. Bizarrement, le ciel est gris et les montagnes que j’aperçois de la fenêtre de mon bureau sont happées par un brouillard fantomatique et pourtant c’est moins triste qu’à Paris. On n’a pas cette impression d’être aplati par un voile gris qui plafonne bas. Le ciel est à sa place, là-haut.
Mais c’est aussi dimanche, et la veille de la reprise pour tout le monde.
Ma femme stresse pour sa prise de fonction.
Ma fille est plutôt philosophe face à l’école, elle se languit même d’après ses dires (elle est en maternelle, pardonnons-lui).
Pour ma part, je ne sais trop quoi en penser. Il faut dire que je ne reprends pas un boulot à proprement parler. Je n’ai pas de nouveaux collègues à découvrir, une nouvelle classe à gérer (ça, ça va me reposer), un nouvel environnement à dompter. En revanche, c’est face à moi-même, à ma conviction, à ma volonté que je me retrouve. J’en suis tout émoustillé pour l’instant. Je n’ai pas attendu pour réfléchir à mes différentes histoires mais je ne m’y suis pas encore attelé. J’ai juste écrit plusieurs chroniques de bouquins et de BD. Pas d’histoire. Un peu comme si j’attendais le feu vert comme tout le monde. Je rentre des vacances et maintenant je m’y mets franchement. J’ai déjà prévu l’emploi du temps de la journée et je me travaille intérieurement pour m’y tenir absolument. Quelque part, je n’ai pas le choix. J’ai l’opportunité alors je compte bien l’utiliser à bon escient.
Mais tout cela, c’est pour demain.
ENJOY !
CHANCE ET MALCHANCE
Après avoir râlé comme un putois contre les fariboles de France Telecom, voici pas que je reçois un coup de fil. Oui, mon téléphone fixe résonne de sa somptueuse sonnerie électronique et désincarnée dans mon bureau. Mais comment se fait-il ? Je décroche et tombe sur une dame qui cherche à parler à Monette. N’étant pas la dite Monette, je lui annonce qu’elle s’est trompée de numéro. Mais après vérification, je constate qu’elle ne s’est pas trompée. Dans sa grande absurdité, la firme de télécommunication m’a gentiment attribué le numéro de quelqu’un d’autre. Y a-t-il tellement d’habitant en Ariège qu’on n’ait pu me donner un numéro inexistant avec ces 10 chiffres au compteur ? La dame n’a donc pas trouvé Monette mais m’a proposé de la remplacer au sein de la chorale de Saint Quentin. Ne sachant pas où est Saint Quentin (en dehors de celui des Yvelines) et n’ayant pas l’âme d’un choriste, j’ai décliné l’offre. Mais maintenant j’ai le téléphone !
En soirée, nous nous rendons à la salle des fêtes d’un village voisin pour participer à un Loto. Véritable institution dans nos campagnes, il faut avoir vécu un loto pour appartenir au pays. Je n’étais pas vierge dans le domaine puisque plus jeune, dans le pays de mon père, l’Hérault pour ne pas le citer, j’ai eu le droit à ma dose de regroupement, collé les uns aux autres sur des chaises en plastique ou en bois qui donne un mal de fesses dont on se souvient durant toute la semaine, face à des tables branlantes bien souvent sur tréteaux, à écouter les annonces des numéros sortis par enchantement de leur cage après un vacarme infernal de roulis. Ah qu’il était bon le temps des « Le docteur ! 33 », « Attention, les v’la ! 22 », « Papi ! 90 », « Les têtes de veaux ! 75 »… et autres jeux de mots fascinants (je vous laisse imaginer pour 69). Bon d’accord, la même rengaine durant 3 heures, ça peut faire un peu long. Mais le folklore bon sang ! Malheureusement, ce soir, l’énoncé des numéros est un peu terne. Ca s’enchaîne à une vitesse d’enfer, il faut dire qu’il y a 12 parties à faire. Mais on est entre amis, on parle, on s’échange des bons mots. J’en profite pour observer les autochtones dont je ferai parti un jour, peut-être. Tous les âges sont représentés, tous les styles aussi. Il faut voir une minette de 18 ans un peu trop maquillée déposer ses jetons transparents verts sur ses 4 cartons qui ont dû voir des centaines de loto aux côtés d’un papi qui a près de 10 cartons et qui pourtant ne gagnera rien ce soir, mais qui ramasse ses jetons avec une spatule aimantée qui doit remonter à ses propres aïeux. Les jambons, les filets garnis, les bons d’achat à l’épicerie du village d’à côté, le week-end de remise en forme, le VTT, la télévision et autres lots défilent sans que je n’en vois jamais le bout du nez. Ma fille manque le carton plein de 2 numéros, mais ce ne sera pas pour ce soir.
Il est minuit et demi lorsqu’on sort de l’étuve, les mains vides, l’esprit reposé, ma fille fatiguée, et avec une idée en tête : rejoindre notre lit tout chaud ! Mais peut-être que l’on se fera prendre au piège une autre fois.
Que dis-je peut-être, sûrement ! Je suis là maintenant, je me transforme, je mute, arrgghhhhh !!!
ENJOY !
