petits_editeurs

Samedi dernier s’est tenue la rentrée des petits éditeurs des domaines de l’imaginaire (j’entends par là les mauvais genres comme la fantasy, le fantastique et la SF) aux Buttes Chaumont. A priori, le beau temps était au rendez-vous et a permis aux uns de trouver les nouveautés de ces petits éditeurs, et aux autres de rencontrer leur lectorat.

Mais pourquoi parle-t-on de petits éditeurs ? Car la question se pose aujourd’hui de savoir ce qu’il reste comme éditeurs dans l’Imaginaire français. Bien, sûr, vous croulerez sous les étals des Editions Bragelonne qui n’éditent que de l’anglo-saxon en fantasy. Pour la SF et le fantastique, qu’en est-il ?

Mnemos tente de tenir tant bien que mal en reprenant le flambeau de la francophonie. Denoël sort un bouquin de temps en temps qui touche un public plus restreint. Et ensuite ? La jeunesse ?

Quelle place pour les français aujourd’hui en littérature pour adultes, si ce n’est chez ces petits éditeurs justement. Ils osent en publiant des inconnus, en recherchant à nouveau le « sense of wonder » qui faisait les beaux jours de l’imaginaire français il n’y a pas si longtemps. Ils intellectualisent évidemment, car c’est avant tout de la littérature, un terrain d’expérimentation. Ils remettent les recueils de nouvelles au goût du jour. Et j’en passe…

Mais ils restent petits par la taille, non pas de leurs ambitions, mais de leurs porte-monnaie. Publiant à peu d’exemplaires, souvent évitant le circuit des diffuseurs distributeurs pour garder les bénéfices de leur travail, ils passent donc par Internet. Vous savez, cette fameuse sphère qui permettra à tous de se faire connaître de la planète entière et de démultiplier ses ventes car les acheteurs sont innombrables…

Vous ne vous êtes jamais interrogés sur le nombre réel de ces entreprises qui ont pu trouver leur public gigantissime uniquement sur la toile ? C’est que dalle mes amis !

Soyons réalistes, les entreprises qui profitent du Net sont celles déjà installées, celles qui possèdent un bon plan media hors la Toile, celles qui, à la limite, n’auraient pas besoin du Net pour exister.

Pour les autres alors, est-ce peine perdue ? Peut-être pas. Mais l’espoir doit rester à la mesure de la réalité pour éviter la déception. On sait tous que tous ces éditeurs et auteurs fonctionnent à la passion – pourraient-ils faire autrement ?

Si vous aimez ces littératures, allez donc flâner du côté de leurs sites, que ce soit ActuSF, Ad Astra, Argemmios, Asgard, Le Carnoplaste, Catharsis ("Borderline"), CDS, Celephaïs ("Black Mamba", "Héros"), Club Présence d'Esprit, Critic, Griffe d’Encre, Libellus, Lokomodo, La Madolière, Malpertuis, Mille Saisons, Parchemins et Traverses, Temps Impossible sans oublier mes camarades de Rivière Blanche.

ENJOY !