elagageRevoilà le temps des corrections. Mais pas les petites scories de rien du tout. Du lourd. A priori, ma vision de mon propre travail est encore loin d’être claire pour moi. Je fulmine de voir comment je me fourvoie sur des pavés entiers. Tout est à revoir, à repenser. Enfin, disons que l’esprit y est mais l’aspect littérature pas encore.

Elaguer est un véritable boulot de Titan. Certain diront qu’ils prennent plaisir à cet instant car ils donnent l’aspect voulu à l’œuvre. Que j’aimerais pouvoir saisir cette vision. Deviner ce qui ne va pas et le pourfendre d’un coup de plume. Mais l’acte est plus difficile que la pensée. J’ai toujours en tête une vue si idyllique de ce que je veux mettre sur papier. Ça paraît si beau, si fluide, si entraînant. Et pourtant à se retourner sur le texte, c’est à coup de lacérations écarlates qu’il faut le laminer.

Point de défaitisme dans mon propos, attention. J’espère juste pourvoir être à la hauteur. J’apprends l’humilité chaque instant. Le pire c’est que je continue à écrire des chroniques de bouquins et là je me pose des questions existentielles.

Exemple encore à l’instant où je viens de mettre en ligne la chronique du livre de Xavier Mauméjean, « La Guerre Spéciale ». J’ai trouvé sa vision des choses bancales, son propos un peu flou et je l’ai dit haut et fort. En revanche, même si des passages sont un peu longuets à mon goût, le monsieur sait écrire. On ne bute pas sur les mots, sur les phrases, les idées s’enchaînent. Je me suis donc posé la question de comment pouvais-je chroniquer en mal le bouquin d’un autre qui écrit bien ? En quoi ai-je le droit de décourager des lecteurs potentiels (si certains lisent évidemment mes chroniques ;-) ) alors que je ne suis moi-même pas encore capable d’aller au bout de mon propre bouquin ?

Mais finalement la vie n’est faite que de schizophrénie. Quand j’écris, je suis un petit écrivaillon admirateur du talent de ces bonshommes et bonnesfemmes capables d’émerveiller par les mots. Je me prosterne et pleure sur mon sort. J’élève des temples et je ferme ma bouche, misérable cafard que je suis.

Quand je chronique, je suis un lecteur. Pas un critique d’ailleurs car je ne suis pas assez érudit pour cela. Non, je donne mon avis dans mes chroniques, je ne suis pas objectif et je le revendique ouvertement. Si je suis emballé, y compris par des bouquins que certains trouveront médiocres, je le dis. Et si je suis déçu, je le dis aussi. Je n’aime pas l’hypocrisie de la critique soit disant objective. Comment cela est-il possible puisqu’on critique avec ses arguments, sa vision des choses et, excusez-moi, mais l’objectivité, c’est du flan !

Résultat ? Je sui encore plus perdu quand j’écris car la hauteur de la barre varie en fonction de mes lectures. Mais surtout, je me dis que le chemin est bien long, petit scarabée.

Respect à tous les auteurs. Même ceux que j’égratigne car derrière ma déception existe toujours un énorme travail sincère. Et ça, mes chroniques ne leur enlèveront jamais et tant mieux.

Quant à moi ? Ben je retourne à mes cisailles. La critique est aisée mais l’élagage, bon Dieu ce que c’est compliqué…

ENJOY !