mardi 12 février 2008
DESINVOLTURE !

Bref, je laisse passer le temps et puis la date approchant, je dois me renseigner, surtout que la manifestation a lieu en même temps que l’anniversaire de ma fille. Et c’est là que le petit mot que m’a envoyé l’auteur connu cité plus haut (non, je sais je ne l’ai pas cité, ce n’est pas vos affaires tout de même ;-) ) me revient à l’esprit : « Mike, je cesse ce genre d’activités car ça bouffe ma vie de famille et j’ai choisi aujourd’hui. » Ouais, facile quand on est connu et qu’on vend à 50 000 ex par tome ! Mais ça m’a fait réfléchir. J’envoie donc un mail aux gentils organisateurs avec une de mes adresses mails annexes où est noté un autre nom que le mien (oui, c’est la faute aux renvois automatiques d’Outlook Express, enfin bref…). Mais je signe mon mail de mon vrai nom évidemment, sinon ce n’est pas sérieux tout ça. Et je demande qu’on me dise où en est notre affaire. Et miracle, je reçois une réponse s’adressant à mon faux nom (celui de mon adresse mail donc), ce qui prouve déjà que les gentils organisateurs ne se souviennent absolument pas de moi.
Oh et puis je vous copie/colle leur réponse, ça vaut le coup (Avec commentaires à la clé) :
«Bonjour Monsieur Linkov (là ceux qui m’ont écrit ces derniers temps, comprendront d’où vient le nom ;-) ),
Pardonnez moi en effet de ne pas vous avoir fait suivre l'évolution de ce projet littéraire au sein de notre arrondissement. (Il s’agit d’une manifestation se passant à Paris, dans le 15ème Arrondissement)
Je reviens de formation et le directeur m'a signifié que l'association, même fortement intéressée par votre profil et vos expériences cadrant parfaitement avec la rencontre, ne pouvait pas dans sa comptabilité répondre à votre demande d'avance pour frais. (On m’avait prétendu le contraire au départ. On m’avait même dit que ça facilitait les choses !)
Les partenaires seront ainsi défrayés à l'issue seule de cette manifestation. (Et là, c’est du tout bon, car parlez donc aux auteurs de leurs défraiements remboursés après, ah ah ah !)
Je regrette bien sincèrement que notre organisation nous empêche de poursuivre le partenariat que je suis venu vous solliciter. (En fait, on venait solliciter mon camarade auteur connu, et moi, ben j’étais là, donc fallait faire avec. D’ailleurs, on me connaissait tellement, qu’on a oublié mon nom)
Dans l'espoir de votre compréhension, veuillez recevoir, Monsieur, mes salutations distinguées. (Et là j’ai l’impression de recevoir la réponse d’un DRH à une demande d’emploi de ma part) »
Bon, je ne suis pas une star mais tout de même, un tout petit peu de considération n’aurait pas fait de mal. De plus, c’est un chouïa une insulte à mon intelligence.
Gentils organisateurs, nous ne demandons pas la lune mais d’éviter d’être pris pour des imbéciles. Il ne faut pas croire que nous n’avons que ça à faire que d’attendre et de commander ou décommander un rendez-vous. Nous avons aussi une vie de famille, aussi des relations et aussi un boulot. Donc, respect !
Mais certains vont me dire : « T’es fou, tu vas te griller ! »
Auxquels je répondrai : « Si jamais j’ai du talent, on me rappellera. Si jamais je n’en ai pas, faudra que je me fasse une raison. »
En attendant, j’ai envie de suivre les préceptes d’un ami qui ne veut pas vendre son âme pour un bout de starisation éphémère. Je travaille parce que j’aime raconter des histoires, écrire, me faire rêver et triper, et si ça touche d’autres gens que moi, tant mieux. Et si tout ça ne fonctionne pas, et bien au moins j’aurais pu prendre du bon temps. Car après tout, la vie, c’est fait pour s’éclater (surtout quand on sait que les grands patrons français sont les mieux payés d’Europe et qu’ils n’ont jamais fait autant de bénéfice ces dernières années, donc sur le dos de leurs employés. Ah, ça fait du bien de se lâcher un peu ;-) )
ENJOY !
VU
THE FOUNTAIN de Darren Aronofsky
Ce réalisateur est un fou furieux. Ici, il traite une histoire d’amour sur plusieurs plans complètement déjantés avec une imagerie fantastique de haut niveau. Parfois ça se perd en délire incompréhensibles que je déteste parce que ça me donne l’impression que l’auteur fait du n’importe quoi et peut le faire passer sous l’étiquette grand art alors que c’est du n’importe quoi, et en même temps, quand c’est beau, ça passe tranquille. Et là, ben ça passe plutôt pas mal. Mais alors, me direz-vous, pourquoi ai-je détesté DANTE 01 qui explorait le même genre d’univers et de questionnement universel (ici, c’est la mort et quête de la vie éternelle) ? Tout simplement parce que là où Caro se masturbe sans donner le soupçon d’un indice d’où il veut se rendre, Aronofsky, derrière ses folies passagères, raconte une histoire. Ben oui, elle se trouve là la différence : eux, ils racontent des histoires. Et quand on se laisse prendre par une bonne histoire, ben on accepte sans souci les écarts psychanalytique. En revanche, quand on a le droit uniquement à des dialogues mystérieux et des scènes sans queue ni tête, ben on lâche l’affaire. THE FOUNTAIN, c’est une belle histoire d’amour et de quête de soi. Et c’est beau.
IT’S A FREE WORLD de Ken Loach
Amis amateurs de cinéma réalité, bienvenue dans le monde barbare de Ken Loach. Ici, n’attendez pas de mise en scène travaillée et de design graphique quelconque. On est dans le cinéma reportage qui vous crache à la gueule la cruauté de l’univers. Ou plutôt dans cette crasse qui nous entoure. Certes, qui ne nous touche pas forcément directement, nous classes moyennes, mais qui se trouve à quelques pâtés de maison d’ici, ou alors dans les pays voisins. Comme cette Angleterre que se plaît à dénoncer Loach. Là, c’est au travail clandestin et surtout à l’exploitation des hommes et femmes venus de l’Est que s’attaque le bonhomme à travers le regard cynique d’une nana qui ne sait plus vraiment comment s’en sortir pour faire de l’argent dans un monde capitaliste qui lui a démontré que c’est chacun pour soi. Et elle trouve la solution : exploiter les autres. Ca remue les tripes, c’est triste, c’est grinçant et les acteurs sont criants de vérité. Ouch, dans ta face !
