dimanche 6 janvier 2008
J-1
Je ne vais pas vous mentir, il pleut et un vent souffle dans les bouleaux et les peupliers. Un vent chaud certes mais un vent fort tout de même. Bizarrement, le ciel est gris et les montagnes que j’aperçois de la fenêtre de mon bureau sont happées par un brouillard fantomatique et pourtant c’est moins triste qu’à Paris. On n’a pas cette impression d’être aplati par un voile gris qui plafonne bas. Le ciel est à sa place, là-haut.
Mais c’est aussi dimanche, et la veille de la reprise pour tout le monde.
Ma femme stresse pour sa prise de fonction.
Ma fille est plutôt philosophe face à l’école, elle se languit même d’après ses dires (elle est en maternelle, pardonnons-lui).
Pour ma part, je ne sais trop quoi en penser. Il faut dire que je ne reprends pas un boulot à proprement parler. Je n’ai pas de nouveaux collègues à découvrir, une nouvelle classe à gérer (ça, ça va me reposer), un nouvel environnement à dompter. En revanche, c’est face à moi-même, à ma conviction, à ma volonté que je me retrouve. J’en suis tout émoustillé pour l’instant. Je n’ai pas attendu pour réfléchir à mes différentes histoires mais je ne m’y suis pas encore attelé. J’ai juste écrit plusieurs chroniques de bouquins et de BD. Pas d’histoire. Un peu comme si j’attendais le feu vert comme tout le monde. Je rentre des vacances et maintenant je m’y mets franchement. J’ai déjà prévu l’emploi du temps de la journée et je me travaille intérieurement pour m’y tenir absolument. Quelque part, je n’ai pas le choix. J’ai l’opportunité alors je compte bien l’utiliser à bon escient.
Mais tout cela, c’est pour demain.
ENJOY !
CHANCE ET MALCHANCE
Après avoir râlé comme un putois contre les fariboles de France Telecom, voici pas que je reçois un coup de fil. Oui, mon téléphone fixe résonne de sa somptueuse sonnerie électronique et désincarnée dans mon bureau. Mais comment se fait-il ? Je décroche et tombe sur une dame qui cherche à parler à Monette. N’étant pas la dite Monette, je lui annonce qu’elle s’est trompée de numéro. Mais après vérification, je constate qu’elle ne s’est pas trompée. Dans sa grande absurdité, la firme de télécommunication m’a gentiment attribué le numéro de quelqu’un d’autre. Y a-t-il tellement d’habitant en Ariège qu’on n’ait pu me donner un numéro inexistant avec ces 10 chiffres au compteur ? La dame n’a donc pas trouvé Monette mais m’a proposé de la remplacer au sein de la chorale de Saint Quentin. Ne sachant pas où est Saint Quentin (en dehors de celui des Yvelines) et n’ayant pas l’âme d’un choriste, j’ai décliné l’offre. Mais maintenant j’ai le téléphone !
En soirée, nous nous rendons à la salle des fêtes d’un village voisin pour participer à un Loto. Véritable institution dans nos campagnes, il faut avoir vécu un loto pour appartenir au pays. Je n’étais pas vierge dans le domaine puisque plus jeune, dans le pays de mon père, l’Hérault pour ne pas le citer, j’ai eu le droit à ma dose de regroupement, collé les uns aux autres sur des chaises en plastique ou en bois qui donne un mal de fesses dont on se souvient durant toute la semaine, face à des tables branlantes bien souvent sur tréteaux, à écouter les annonces des numéros sortis par enchantement de leur cage après un vacarme infernal de roulis. Ah qu’il était bon le temps des « Le docteur ! 33 », « Attention, les v’la ! 22 », « Papi ! 90 », « Les têtes de veaux ! 75 »… et autres jeux de mots fascinants (je vous laisse imaginer pour 69). Bon d’accord, la même rengaine durant 3 heures, ça peut faire un peu long. Mais le folklore bon sang ! Malheureusement, ce soir, l’énoncé des numéros est un peu terne. Ca s’enchaîne à une vitesse d’enfer, il faut dire qu’il y a 12 parties à faire. Mais on est entre amis, on parle, on s’échange des bons mots. J’en profite pour observer les autochtones dont je ferai parti un jour, peut-être. Tous les âges sont représentés, tous les styles aussi. Il faut voir une minette de 18 ans un peu trop maquillée déposer ses jetons transparents verts sur ses 4 cartons qui ont dû voir des centaines de loto aux côtés d’un papi qui a près de 10 cartons et qui pourtant ne gagnera rien ce soir, mais qui ramasse ses jetons avec une spatule aimantée qui doit remonter à ses propres aïeux. Les jambons, les filets garnis, les bons d’achat à l’épicerie du village d’à côté, le week-end de remise en forme, le VTT, la télévision et autres lots défilent sans que je n’en vois jamais le bout du nez. Ma fille manque le carton plein de 2 numéros, mais ce ne sera pas pour ce soir.
Il est minuit et demi lorsqu’on sort de l’étuve, les mains vides, l’esprit reposé, ma fille fatiguée, et avec une idée en tête : rejoindre notre lit tout chaud ! Mais peut-être que l’on se fera prendre au piège une autre fois.
Que dis-je peut-être, sûrement ! Je suis là maintenant, je me transforme, je mute, arrgghhhhh !!!
ENJOY !
JEUDI 3 JANVIER 2008 – UN RYTHME D’ENFER !
Le soleil, c’est beau. La nature c’est beau aussi. Mais quand on vit dans ces paysages magnifiques, la vie ne s’arrête pas de tourner. Il faut donc subvenir à ses besoins (oui, tous !). Et il faut donc participer activement à la société qui nous entoure, utiliser son pouvoir d’achat à bon escient, travailler (41 et demi ai-je appris de matin, Bonne année !). Vivre tout simplement.
Mais dans ces contrées ensoleillées et calmes, le rythme de vie n’est pas tout à fait le même. Vous croyiez qu’il s’agissait d’une légende ? Je vous certifie que non ! Lorsque vous passez certaines frontières départementales, les montres ralentissent inexorablement. Si, si, vérifiez, c’est un constat. Fou, je vous l’accorde mais c’est un fait.
Déjà, oubliez les horaires parisiens qui, il est vrai, sont devenus des chaînes esclavagistes. Ici, c’est du 8h30-12h et du 14h-19h (pour la fermeture, c’est au mieux, car on penche plus vers le 17h pour les instances publiques et 18h pour pas mal d’autres commerçants). Alors il faut s’adapter.
Le mieux, ce sont les vacances. Le commerce et les commerçants se plaignent assez souvent du manque de rendement de leurs échoppes, de la morosité de l’acheteur qui n’ouvre plus son porte-monnaie avec le sourire. Mais là, les magasins sont presque tous en vacances durant les fêtes. Ok, ce sont les fêtes, mais il me semblait que le chiffre d’affaire aimait cette période bénie. Pas ici ! Ici, c’est une autre planète.
Ca fait critique et désespéré, lu comme ça, mais finalement c’est une façon de vivre. Et l’avenir me dira si c’est la bonne. J’ai ma petite idée déjà là-dessus. A quoi cela sert-il de se flinguer au boulot, vous en aurez pour 41 ans et demi désormais (ah le progrès, c’est beau !). Alors autant que ce soit à petite vitesse, dans la bonne humeur, en évitant les prises de têtes.
Et le pognon me direz-vous ? A quoi il te servira avec ton ulcère ? Et quand tu seras mort ?
Le bonheur est dans le pré.
Et si pour les citadins pur jus, nature et campagne sont synonymes d’emmerdements et d’enfer, c’est qu’ils ont les yeux trop fermés d’abrutissement de leurs journées de boulots de fou. Allez les gars, courage, encore 41 ans et demi !
ENJOY !
LUNDI 31 DECEMBRE 2007
Je savais qu’un déménagement confinait aux emmerdes les plus improbables. Quelque part nous avons eu de la chance. Les meubles ont été embarqués sans trop de problèmes, ils sont surtout tous arrivés (y compris des choses qu’on ne voulait pas emporter). Et sur place nous avons eu de l’aide, de telle façon qu’en quatre jours, nous nous sommes retrouvés installés comme des pachas. Le salon est superbe avec déjà ses beaux rideaux blancs qui donnent un cachet très smart. Mais surtout, mon bureau est en place. J’ai du acquérir cinq bibliothèques (modèle le plus simple de chez BUT, mais résistant tout de même) pour poser tous mes bouquins et autres bêtises à la fois pédago (mais elles sont en stand-by), mais aussi en ce qui concerne mon futur métier de dans une semaine et pour un CDD de 8 mois avec doit faire ses preuves durant la durée du stage. Bref, tout est en place.
Enfin presque…
Car déménager est un grand voyage au pays de Kafka. Surtout en ce qui concerne les merveilles de la vie moderne.
Commençons par le téléphone et Internet. Venir en province ne me dérangeait pas mais il fallait que j’aie accès au deuxième monde pour joindre la planète entière et surtout pouvoir communiquer avec le tout venant germano-pratin (enfin, c’est l’espoir qui fait survivre). Vous me croirez ou non (mais je crois que vous me croirez) mais c’est un bordel monstre. J’ai malheureusement fait l’erreur de vouloir changer d’opérateur et passer chez France Telecom qui s’est empressé de me mettre en place une ligne Internet, enfin presque. Puis après réflexion d’une nuit et comparaison de prix, je me suis dit que mon idée n’était pas aussi bonne ça. Et grâce à la loi SRU de rétractation, je me suis…rétracté ! Ouh là ! Que n’avais-je pas commis comme faute de lèse majesté ! Tout d’abord un gentil opérateur me dit que tout va se passer au mieux et que j’aurais ma ligne téléphonique dans les 72 heures, il y a de ça… 10 jours ! Bon, n’ayant pas de téléphone fixe, je grille mon forfait portable à rappeler France Télécom. Grand Dieu ! Mon dossier n’a pas avancé d’un pouce (nous étions jeudi 27 décembre) mais tout sera bon samedi. Ce matin (lundi, donc) toujours rien. Nouvel appel au 10 14, gratuit…Quand on a une ligne France Télécom ;-) Et là j’apprends par un gentil opérateur que nous sommes en pleine fêtes de fin d’année (sans blague !) et que je vais devoir attendre 2 à 3 semaines pour avoir ma ligne.
Ok, je l’ai bien cherché, j’ai déménagé. Alors quand on ajoute le temps de connexion à une ligne Internet, je ne sais pas quand je serai en ligne sur la toile.
D’où ce petit mot qui est publié en différé.
Venons-en au satellite : le néant. J’ai la parabole, l’angle, le décodeur, les fils et…rien du tout ! Pas l’ombre d’un petit signal. Pas grave, je vais appeler Canalsat. Arrgghhhh, mais je n’ai pas de téléphone ! (vous saisissez le côté Kafka là ?)
Bon, tout cela ne sont que problèmes de riche (enfin on dirait comme ça, mais en fait…).
Car je viens d’allumer la radio et d’entendre les infos. Au Niger, les tueurs aux bérets verts enfilent un béret bleu pour faire croire qu’ils sont devenus gentils avec le Darfour. Au Kenya, ils ont décidé de se flinguer les uns les autres, de détruire les maisons et les commerces, pour fêter le renouveau de la démocratie. Une loi vient de passer obligeant les fournisseurs d’accès téléphonique et Internet à conserver 6 mois les conversations téléphoniques et les mails de leurs clients. Et on continue de foutre dehors des types qui risquent leur peau dans leur pays d’origine. Il fait toujours aussi froid pour les SDF. La franchise médicale, c’est pour demain (littéralement). Sans parler de toutes les augmentations annoncées.
Alors mes petits problèmes de téléphone et de satellite…
ENJOY !
LU
Un déménagement ça fatigue. Et le soir, quand on se couche, même ne grand fanatique que je suis de la lecture,les yeux sont les plus forts et tombent inexorablement. Les lâcheurs ! Pas plus de 2 ou 3 pages. Donc, rien de terminé ces derniers temps.
VU
SAW III
Je me demande encore pourquoi je m’inflige ce genre de film. D’accord, il y a un petit message sur la Rédemption, sur la capacité de se pardonner soi-même et de pardonner aux autres (hyper biblique comme truc), mais franchement, si c’est pas de la torture pour voyeur ! J’ai pourtant regardé jusqu’au bout, histoire de savoir quelle sera la limite du réalisateur et des scénaristes. Ben là encore, ils mettent le paquet dans le dégueu et le désespéré. Si vous cherchiez une petite note d’espoir pour cette fin d’année, évitez ce film, c’est tuant.
ENTENDU
Là encore, rien de particulier. Juste une nouvelle oreille sur d’anciens CD. Certains qui dégagent les cages à miel (Dry Kill Logic, Machine Head, Black Label Society…) et d’autres qui rappellent des images qui tuent (Kingdom Of Heaven, Aeon Flux, The Sentinel…)
