vendredi 17 août 2007
CORRIGEZ-MOI !
La période des corrections est toujours une phase ambiguë. On sait que c’est pour améliorer son texte que l’on doit se pencher et se repencher dessus. Et on sait que l’on doit le faire lire par un lecteur externe qui saura toucher les passages bancals. Mais qu’est-ce que c’est difficile de se voir raturer ses feuilles en rouge. On a une vague impression de retour à l’école, du mauvais côté du bureau.
Puis on respire un bon coup et on s’attaque à la montagne. Et finalement, en corrigeant, on commence à prendre son pied. Oui, ce mot était vraiment en trop, ce passage est à corriger, ça donnera plus de sens, ça, ça disparaît, là il manque des infos. Le labeur terminé, on relit et on sourit devant l’amélioration. En tout cas que l’on croit. Une nouvelle lecture extérieure arrive. Le chemin est long.
Le pire c’est qu’il faut continuer. Ben oui, exemple. J’ai corrigé deux textes courts (26 000 et 7 000 signes) que j’ai envoyés aux illustrateurs. Mais je sais déjà qu’il faudra encore modifier des éléments. C’est le jeu. Mais je corrige aussi le début de mon roman (plus de 50 000 signes pour l’instant) tout en sachant que je dois le poursuivre.
Il y a donc l’écriture et la correction simultanée. Je pourrais attendre d’avoir complètement terminé pour corriger, certes. Mais le fonctionnement autour de ce roman le veut autrement, et surtout je m’aperçois que ce n’est pas si mal de corriger de suite. Ca remet en place des erreurs que l’on n’avait pas vues et ça modifie même la suite de l’histoire, pas le fondamental mais le traitement d’un personnage ou d’une situation. Nous avions travaillé comme ça avec Christophe sur LE VILLAGE et ce n’était pas si mal. Aussi parce que lorsqu’on termine la bête, et bien on est proche de la fin et pas devant l’Everest à reconquérir encore. Et surtout ça évite de jouer le fainéant au final en se disant qu’on l’avait déjà terminé et que ce n’était déjà pas si mal que ça.
Je lisais dans le dernier MAGAZINE DES LIVRES un auteur disant que « les « wannabes » qui voulaient devenir des « bes » feraient peut-être bien d’écrire de BONS livres ».
Ah oui, tiens, si j’écrivais un bon livre. Enfin, essayer.
ENJOY !
LU
L’ETRANGE ODD THOMAS de Dean Koontz
Voilà un écrivain qui est arrivé à l’endroit qu’il voulait atteindre. Longtemps frustré de sa place d’outsider par rapport à Stephen King, bosseur fanatique, Koontz a produit une multitude de livres. Du bon comme du moins bon, et beaucoup sous pseudo. Un véritable acharné de l’écriture ! Comme quoi les efforts peuvent payer. Depuis quelques années, Koontz peut se permettre de n’écrire qu’un bouquin par an tout en vivant tranquillement. Bref, tout ça pour dire que son dernier bouquin est vraiment à l’opposé de ce qu’il a pu faire jusqu’à ces derniers temps. J’oserais même dire qu’il côtoie désormais Stephen King avec cette histoire de type qui a l’air bien normal mais qui possède un don, celui de voir les morts. Il est alors embarqué dans une course contre le temps pour déjouer un massacre. Dit comme ça, on se demande ce qu’il peut bien y avoir de différent. Le ton ! Le personnage principal, Odd Thomas donc, s’exprime de manière très candide sur la vie, sans complexe. Il nous parle de l’étrangeté du monde comme d’une certaine normalité. Alors c’est étrange en effet, ça change mais au bout d’un moment je me suis détaché de l’histoire. Odd Thomas court après un tueur maniaque et pourtant il prend une glace, il discute de la pluie et du beau temps. Bref, le décalage est devenu pesant et j’ai terminé le bouquin en lecture express. Alors, changement oui, mais bof au niveau du résultat.
VU
HOT FUZZ
L’équipe de SHAUN OF THE DEAD remet le couvert en s’attaquant aux films musclés en citant carrément ses sources dans la bouche des personnages : POINT BREAK et BAD BOYS 2. Avec un personnage principal de super flic londonien mis au vert car trop performant, ils touchent les caractéristiques anglaises à pleines mains. En effet, le bougre tombe dans le village au taux de criminalité le plus faible de l’Angleterre. Et on apprend vite pourquoi : à la moindre mort suspecte, on parle d’accident. Ces dingos jouent la carte de l’exagération à fond avec des dialogues absurdes et hilarants, un montage copié sur BAD BOYS et ça donne mal à la tête. Tout est exagéré, et c’est la méthode me direz-vous, mais c’est à se pisser dessus. Les acteurs sont vraiment excellents, la mise en scène est performante et juste. On regrettera la longueur du film. On pouvait largement ôter 15 bonnes minutes pour concentrer encore le tout et atteindre des sommets de l’absurde. Enfin, si vous voulez vous marrer tout en voyant de l’action qui déchire (ah les courses poursuites et la scène de flingage à la fin !) n’hésitez plus : HOT FUZZ !

MYSTERE épisodes 6 à 12
Je vous l’avais dit que j’irai jusqu’au bout. J’aurais dû m’abstenir. On a toujours un goût amer à avoir perdu autant de temps devant une connerie pareille. Car aucune amélioration à l’horizon, bien au contraire. Bon OK, cette fois les ET on les a. Mais ça traîne sur des sujets bidons qui se répètent à longueur d’épisodes. Parfois on se croirait dans ces émissions de rediffs du vendredi soir. Les acteurs sont toujours aussi mauvais. Le méchant est vraiment méchant et se force pour le faire croire, mais on se met à se bidonner. On ne croit pas une seconde à ce qui se passe. Et on remercie presque les effets spéciaux de venir au dernier épisode pour nous dire « Si, si, c’est de la SF quelque part ». Enfin, c’est surtout une bonne grosse daube. Et dire que j’avais dit qu’on ne m’y reprendrait plus. Ah que je suis faible !
