lundi 28 mai 2007
MOTIVATION, FLOU ARTISTIQUE ET DECEPTIONS
Ma mère aime dire : « Pour un malheur, un bonheur ! »
Comme tout adage de grand-mère, il se vérifie parfois. Oui, il y a sans doute des moments où une séparation ou un refus quelconque est l’annonce d’une nouvelle relation annoncée. Même si cela paraît étrange, je parle toujours de livres. Il y a donc eu une brouille dans le monde de l’édition qui m’a vraiment bloqué sur un titre en cours de rédaction. Ce n’est pas que les idées et l’envie n’étaient plus là, mais elles se retrouvaient prisonnières derrière des barrières apparemment insurmontables. Difficile d’en poursuivre la rédaction, en plus au moment où je m’étais juré de me discipliner. Pour le coup, ce fut un ratage monumental.
Le temps a fait son chemin et une bonne nouvelle vient de tomber. Il y a un nouveau « mariage » en vue qui me redonne vraiment, mais alors vraiment l’envie. Pire que ça, c’est tellement excitant que je n’ai plus aucune excuse pour jouer le Calimero ou quoi que ce soit d’autres. J’ai toujours pensé en bon athée que je suis : « Aide-toi et le ciel t’aidera » J’aime cette phrase qui ne veut rien dire d’autre pour moi que : « Bouge-toi un peu fainéant, les choses ne se feront pas sans tes efforts ! » Mais elle oblige ma conscience à réagir. Et franchement, parfois, j’aimerais ne pas être aussi conscient ;-)
Résultat : relance total de mon projet d’écriture.
Evidemment je reste flou. Pas de nom d’éditeur, pas de nom de projet, rien du tout ! Et vous l’avez remarqué, c’est le cas dans des post précédents. Tellement que certains de mes messages restaient obscurs aux lecteurs que je croisais (mes potes et ma famille en fait).
Alors pourquoi rester dans le brouillard ? Tout simplement pour éviter l’inévitable : « Ben alors, tu le sors quand ton truc super génial avec lequel tu nous bassines depuis tant de temps et qui paraissait signé et presque imprimé ? Tu ne nous baratinerais pas un peu ? »
L’écriture, quelle qu’en soit la forme, est une suite de projets qui, et je l’observe de plus en plus vu que je pénètre le « milieu » de plus en plus, n’aboutissent vraiment, mais alors vraiment pas tous. Il faut donc attendre et apprendre à être déçu.
Et c’est dur tout ça. Regardez ma BD avec Laurent qui ne verra probablement pas le jour ou alors dans très très longtemps. Le scénario est écrit, l’éditeur avait même corrigé des choses, et attendait donc nos planches. Mais Laurent vivant de son dessin, l’avance de l’éditeur n’était pas vraiment suffisante, surtout lorsque des boulots payés de suite et correctement lui sont tombés (et heureusement pour lui) dessus. Je ne pouvais que lui souhaiter ce malheur et ça faisait parti de notre deal de départ. Donc, un projet presque fait aux oubliettes pour de très bonnes raisons.
Autre exemple flagrant, le manga de hockey. Je trouve un dessinateur, on le propose à l’éditeur qui est tellement intéressé que l’on parle de signature. Trois jours avant l’heureuse conclusion, le dessinateur abandonne. Déprime. Puis un autre dessinateur me contacte avec le dessin qu’il fallait. On travaille, j’y crois, je montre à l’éditeur qui me lâche carrément un « Tu tiens le bon ! » Et boum ! Pour de très bonnes raisons personnelles, le dessinateur ne peut pas poursuivre.
Donc, de très bonnes raisons mais toujours le même résultat : plouf !
Voilà pourquoi je reste très vague, en ne parlant que de choses générales. Car en grand athée que je suis donc, j’aurais maintenant tendance à penser que de trop parler de projet en cours, en tout cas de manière si concrète qu’on a l’impression que ce sera en librairie demain, peut porter la poisse. Je me trompe sûrement mais je vais inévitablement recentrer mes messages sur un le fond du boulot de manière général. Les projets dont je clamerai le nom seront dans la poche, c'est-à-dire signé sûr avec presque l’annonce de la sortie.
Donc, n’oubliez pas le 7 juin la sortie de LE VILLAGE AUX SEPT CERCUEILS chez NATHAN. Ca c’est sûr… Quoi que…
ENJOY
LU
L’IMMEUBLE D’EN FACE de Vanyda
Il est des BD qui ont un succès dû au bouche à oreille précédé d’un coup de pouce de prescripteur journalistique. J’ai tendance à trouver ça excitant mais aussi à me méfier, surtout quand c’est TELERAMA qui est dans le coup. Pour cet album je ne sais pas qui est l’initiateur, en tout cas cet album, sorti chez un éditeur indépendant LA BOITE A BULLES, a grimpé les échelons de la gloire petit à petit. Je ne l’ai eu que très récemment dans les mains alors que son deuxième tome (que je n’ai pas encore lu) vient de sortir. Et j’ai été très agréablement surpris. Je me demandais si j’allais me faire avoir par ce chassé-croisé entre des personnages très différents dans un immeuble (exercice d’atelier d’écriture classique). Trois appartements : l’un d’un jeune couple sans contraintes en dehors de faire des fêtes avec leurs potes, l’autre d’un vieux couple usé, le dernier d’une femme seule et de son gamin. Le rythme est celui de la vie, avec des passages de brossages de dents, des interludes d’une page ou d’une case, des rapports silencieux entre les gens, des rapports sexuels, des rapports malheureux, la vie quoi. Et bien, Vanyda maîtrise tellement cette narration du quotidien que l’on se laisse prendre. Et on termine l’album sans s’en rendre compte, avec plaisir, avec même une certaine envie de connaître la suite. Ah ben ça tombe bien, j’ai le deuxième sous la main !
VU
DEXTER
Ah mais c’est pas vrai toutes ces bonnes séries qui apparaissent ! Mais où je vais trouver le temps moi maintenant ! Cette histoire de serial killer qui officie dans la police le jour comme spécialiste des taches de sang et traque la nuit d’autres tueurs en série qui s’attaquent à des cibles comme les enfants ou autres victimes inacceptables (les autres victimes le sont-elles ?) est ingénieuse. Mais c’est surtout les paradoxes ancrés dans le personnage principal qui servent parfaitement la narration. L’acteur principal qui oeuvrait déjà dans SIX FEET UNDER est vraiment parfait dans le rôle. A la fois beau gosse et doté d’une froideur effroyable, il sait jouer son rôle à la perfection. J’attends avec impatience la suite car les scénaristes ont évidemment la technique pour vous accrocher avec un fil rouge allant d’épisode en épisode mais aussi avec de superbes enquêtes unitaires. Voilà un super show à conseiller aux âmes non sensibles.
ENTENDU
RENAISSANCE
Le film est extraordinaire. La BO est à son image. Mélange de techno, de musique symphonique à suspense, elle a vraiment tous les ingrédients illustratifs que j’adore. Vous revivez le film à chaque mesure. Et elle permet aussi de se dessiner ses propres images mentales. Rythmée et harmonieuse, voilà une BO vraiment à conseiller.
Commentaires
Yep, j'ai vu les deux premiers DEXTER, moi aussi. Pas mal du tout. Les scénaristes arrivent bien à renouveller le genre "sérial killer" pourtant usé jusqu'à la corde ces dernières années. Le fait que le héros ait été initié par son paternel est, entre autres, excellent !
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